Intérieur D’impératrice Pour La Maison De La Reine Les Carnets De

June 11, 2018 6:10 am by ramsaystirling
Strates du temps
Un théâtre de poche dans les jardins du petit trianon
Intérieur D’impératrice Pour La Maison De La Reine Les Carnets De

Quels autres défis a présenté cette restauration ? Jacques Moulin : Comme toutes les constructions du Hameau, la Maison de la Reine n’avait pas été conçue pour durer et recevoir du public, dans un site remodelé artificiellement et très exposé à l’humidité. Le plus difficile a été d’introduire, dans une structure aussi légère, l’ensemble des éléments techniques qu’impose la conservation d’ouvrages anciens en termes d’isolation, d’étanchéité, de ventilation et de sécurité. Il n’y avait ni chauffage ni électricité dans ces pavillons aux fondations fragiles et couverts, en partie, de paille. Intégrer ces équipements avec des cloisons épaisses, parfois, de moins de 15 cm était une gageure. D’autant plus qu’il fallait absolument qu’ils passent inaperçus. Comme, d’ailleurs, l’ensemble de la restauration de la Maison de la Reine qui paraîtra « en vétusté », selon le terme employé par les marchés de peinture du XVIIIe siècle.

Dès la fin des années 1720, la production de Meissen avait fait l’objet de cadeaux diplomatiques en direction de différentes cours européennes (Autriche, Danemark, France, Russie, Naples, Venise…). Cette habitude s’est largement poursuivie, comme l’a magnifiquement montré une exposition qui s’est tenue à New York, en 2007 (3), où plusieurs pièces du nécessaire étaient présentées. Il semble toutefois, selon Jeffrey Munger (4), que le premier présent destiné à un membre de la famille royale de France ait été justement le nécessaire de Marie Leszczynska. La France devait, à son tour, suivre cet exemple à partir de 1758 : Louis XV envoyait, cette année-là, deux somptueux services en porcelaine de Sèvres à l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et au roi Frédéric V du Danemark.

Quel a été le parti pris ? Jacques Moulin : À travers l’exploration des archives et l’examen très détaillé des bâtiments, s’est imposée une évidence, à moi comme à tous ceux qui ont participé à la réflexion, le château de Versailles ainsi que la Commission nationale des monuments historiques qui valide les projets de restauration : il fallait prendre comme référence l’état mixte, « polyphonique », développé par Patrice Bonnet, mêlant des composantes du XVIIIe siècle avec des interventions significatives du début du XIXe siècle.

Une chocolatière, trois bols à thé accompagnés de leurs soucoupes et une soucoupe isolée, qui complètent le grand bol à rincer déjà acquis par le Château en 2014, illustrent le rayonnement de la manufacture de Meissen dans les années 1730. © Château de Versailles / Christophe Fouin.

Feu à grenades du salon blanc aux liserons (détail) © Château de Versailles-Christophe Fouin.

La restauration de la Maison de la Reine est réalisée grâce au mécénat de Dior.

La Maison de la Reine, tout comme le reste du Hameau, a été conçue et occupée par Marie-Antoinette. Comment votre choix s’est-il porté sur un état 1810, constitué pour Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon ? Jérémie Benoît : Tout simplement parce qu’il ne nous reste quasiment aucun des meubles datant de l’épouse de Louis XVI, les collections royales de Versailles ayant été en grande partie dispersées lors des ventes révolutionnaires. Seulement quelques chaises, six fauteuils, une console et une encoignure, présentés au Petit Trianon, subsistent aujourd’hui, ainsi qu’une petite table de bureau exposée au sein du Château. Mis à part quatre autres encoignures et un feu en bronze doré, conservés aux États-Unis, nous ne savons rien d’autre sur l’aménagement de Marie-Antoinette au Hameau. En revanche, le mobilier destiné à Marie-Louise, pour la plupart du grand ébéniste parisien Jacob-Desmalter, a été relativement préservé. Il est, en outre, bien identifié grâce à un inventaire établi précisément en 1810. Nombre de ces pièces ont donc pu être réunies – et quelques autres retrouvées – si bien que les meubles d’origine forment environ les trois quarts de cette nouvelle présentation.

Toutes ces pièces portent les armes d’alliance de la Reine (armes de France et de Pologne) et sont ornées d’une abondante dorure et de décors variés : Chinois de fantaisie, scènes militaires et maritimes. Elles viennent rejoindre le grand bol à rincer acquis par le château de Versailles en 2014. Le service comprenait à l’origine cinquante-six pièces : douze bols à thé et douze tasses à chocolat, munis de leurs soucoupes, un grand bol à rincer, une chocolatière, un pot à lait, deux théières, un support de théière, une boîte à sucre et une boîte à thé. À la date de l’exécution du nécessaire, la manufacture de porcelaine de Meissen, fondée en 1710, connaissait un véritable apogée. Elle était dirigée par le comte de Brühl, premier ministre de l’électeur de Saxe, ce qui montre quelle place elle occupait dans l’esprit de ce dernier. Le comte de Brühl, grand amateur de porcelaine, y fit d’ailleurs exécuter entre 1736 et 1742, pour son propre usage, le célébrissime service aux cygnes, constitué de plus de deux mille pièces.

Il semble qu’une importante documentation ait pu être réunie à ce sujet ? Jacques Moulin : Oui, nous disposons, notamment, du fonds des Bâtiments du Roi conservé aux Archives nationales, qui rassemble les mémoires de travaux datant de son édification, entre 1783 et 1788. Ces documents en détaillent avec précision les différentes étapes, jusqu’aux couleurs des pièces. Néanmoins, cette documentation s’est avérée incomplète. N’oublions pas que le monument, comme tant d’autres, a connu plusieurs changements. Tout d’abord, il n’a pas été achevé sous l’Ancien Régime. Puis, en 1810-1811, Napoléon l’a fait profondément modifier, transformant ses toitures et supprimant son célèbre escalier hélicoïdal. À l’intérieur, il a fait refaire les décors détruits par la Révolution : cheminées, miroirs, tentures, etc. Quant au paysage faussement rural souhaité par la Reine, il a également été altéré dès l’Empire au profit d’un jardin paysager où l’on a laissé pousser librement les petits arbres à vocation décorative, qui ont fini par atteindre jusqu’à 30 mètres de hauteur. Au long du XIXe siècle, c’est une véritable forêt, dans l’esprit romantique, qui apparaît autour du Hameau. Rien à voir avec l’aspect champêtre de ses premières années ! Au début du XXe siècle, à force de négligences et de dégradations, la Maison de la Reine, particulièrement fragile, s’est retrouvée dans un état de semi-ruine.

D’apparence extérieure champêtre et pittoresque, la Maison de la Reine présentera, à l’intérieur, deux aspects très distincts : au rez-de-chaussée, des pièces domestiques ou communes, comme la pièce de billard et la salle à manger avec un mobilier d’acajou ; au premier, l’étage noble doté de somptueuses pièces d’apparat : le grand salon jaune, orné de tentures de soie « peintes en arabesques représentant divers sujets » (Inventaire des tentures de 1811) dont des motifs antiques et des paysages, et le petit salon blanc tendu de damas qui aura recouvré l’ensemble de son mobilier d’amarante.

L’entretien avec Jérémie Benoît sur le remeublement de la Maison de la Reine L’exposition de Claire Adelfang, photographe La Restauration de la Maison de la Reine sur le site Internet du Château.  « Le Versailles secret de Marie- Antoinette », documentaire de 90 min diffusé sur Arte en juin 2018.

« L’on se doit d’intégrer toute cette épaisseur historique qui est constitutive du monument. »

Ci-dessous : Palette des différentes essences présentes dans le mobilier de la Maison de la Reine.

Avec ses dispositions si particulières, de part et d’autre d’une galerie extérieure couverte, la Maison de la Reine est indissociable du personnage de Marie-Antoinette. Est-elle conforme aujourd’hui à l’ouvrage tel qu’il avait été conçu ? Jacques Moulin : Aussi connu qu’il puisse paraître, chaque monument recèle sa part de mystère et c’est la responsabilité d’une restauration de la dépasser. Les jardins du Grand Trianon ont longtemps été attribués à Le Nôtre, alors que l’examen récent des archives a révélé que leur état actuel est principalement issu de la réfection du jardin par Richard Mique, à la fin du XVIIIe siècle. La Maison de la Reine a été construite à la demande de Marie-Antoinette, mais elle a été profondément transformée par la suite et elle est, aujourd’hui, un autre lieu que celui qu’a fréquenté la Reine.

En quoi avez-vous complété ou enrichi cet état datant des années 1930 ? Jacques Moulin : Je parlerais plutôt de nuances, plus ou moins prononcées, en vous donnant un exemple précis. Patrice Bonnet avait enclos les jardins potagers de haies qui, petit à petit, ont été taillées au cordeau. Aujourd’hui, l’aubépine, le lilas ou les iris donnent une perception toute autre des lieux qui avaient été voulus champêtres et spontanés, et non pas réguliers. De même, nous avons pu retrouver et restaurer certains décors extérieurs datant de la fin du XVIIIe siècle. À ce propos, je tiens à souligner la performance des équipes de l’atelier Dupuis qui ont dû travailler, pour des raisons de sécurité, derrière des bâches, l’oeil collé sur ces peintures. C’est une véritable prouesse d’avoir pu, dans l’ombre et à distance d’une main, travailler sur des décors faits pour être visibles depuis l’autre côté de l’étang !

L’achat de ces pièces contribue pleinement à remettre à l’honneur une reine négligée par l’histoire et dans les collections versaillaises. La publication de Pierre de Nolhac avait pourtant bien montré le goût raffiné de Marie Leszczynska, confirmé par l’exposition récente qui s’est tenue à Varsovie en 2013. Le nécessaire témoigne également des enjeux économiques et diplomatiques, considérables, qui se dissimulaient derrière la fabrication de l’or blanc.

Marie-Laure de Rochebrune, Conservateur en chef, département du mobilier et des objets d’art des châteaux de Versailles et de Trianon

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Et les meubles que vous n’avez pas pu retrouver, comment les avez-vous remplacés ? Jérémie Benoît : Par chance, dans les réserves se trouvaient des objets très similaires – et cités exactement la même année dans les textes – qui provenaient des communs du Petit Trianon, tout à côté du Hameau. Cette proximité, dans le temps et dans l’espace, permettait une équivalence quasi exemplaire. Elle a permis d’équiper les petits cabinets de la Maison de la Reine de buffets et de commodes ainsi que de flambeaux en bronze doré de la manière la plus appropriée. Par ailleurs, un ensemble splendide de sièges offert en 1965 par la duchesse de Massa ressemblait fort à ce qui était détaillé dans l’inventaire pour le grand salon, pièce majeure de la Maison de la Reine. Je n’ai pas souhaité, en revanche, de reconstitution : des dessins, aux Archives nationales, conservent le souvenir des motifs de fleurs qui ornaient les sièges d’origine, mais nous nous sommes bien gardés de les reprendre. J’ai toujours l’espoir, en effet, que ce canapé, ces fauteuils, ces chaises nous reviendront un jour, par le biais d’une vente par exemple. Enfin, nous avons pu bénéficier du dépôt de quelques œuvres qui correspondaient, de manière sensible, aux descriptions dont nous disposions. La table de salle à manger en acajou ainsi que de nombreuses chaises à dossier en forme de lyre proviennent du Mobilier national. En effet, ces chaises avaient été fabriquées à l’époque pour plusieurs endroits, le Hameau de la Reine, mais aussi le palais de l’Élysée d’où nous avons récupéré plusieurs exemplaires.

Portrait de Marie Leszczynska (1703-1768), par Louis Tocqué (1696-1772), après 1740. © Château de Versailles / Christophe Fouin.

« C’était un joujou. Or ce joujou a dû, seul ou presque dans le fastueux Versailles, supporter l’atteinte révolutionnaire : transformé en guinguette populaire, buvette et bal, il fut défiguré par la destruction de ses jardins. Puis, objet fragile, formé de plâtre, de bois peint et de chaume, il fut réparé sans cesse, donc altéré, suivant le goût des époques qui, chaque jour, lui fit un visage plus étranger. » Pierre Mille, L’Illustration, 25 novembre 1933. © RMN-GP (Château de Versailles), Gérard Blot.

(1) Vente Christie’s, Paris, lots 163-167. (2) Pierre de Nolhac, Louis XV et Marie Leczinska, 1928, p. 337. (3) Fragile Diplomacy / Meissen Porcelain for European Courts, 1710-1763, New York, Bard Graduate Center, 2007. (4) Op.-cit., p. 155-156.

Sobriété et extrême élégance caractérisent le mobilier conçu pour l’Impératrice par le célèbre ébéniste Jacob-Desmalter. Chaises, fauteuils, tables adoptent les lignes épurées du style Empire. Les pieds sont droits et effilés, commodes, consoles et guéridons tripodes couverts de plateaux de marbre. Dans ce petit château de campagne qu’est, en réalité, la Maison de la Reine, on veut rester simple avec des matériaux d’époque : bois d’acajou, d’amarante, voire d’érable, quelquefois de citronnier. Tout le raffinement réside dans les détails comme ces filets dorés soulignant la structure d’une console et d’un guéridon du petit salon blanc. Un raffinement qui tient aussi à l’occupation féminine des lieux, comme l’indiquent les chaises lyre, aux pieds tournés, égayant la salle à manger. La Maison de la Reine présente également quelques fauteuils gondoles, aux dossiers enveloppants, ainsi que des flambeaux en forme de carquois, typiques de ces années 1810. Plus étonnant est ce motif tout à fait original de bouquets de liserons qui agrémente le satin blanc, bordé d’un galon de soie ponceau, de ravissants fauteuils.

Avec ce mobilier datant de l’Empire et ces descriptions dans les inventaires des années 1800, dans quelle mesure avez-vous pu rétablir l’atmosphère des différentes pièces de la Maison de la Reine ? Jérémie Benoît : Il m’a fallu, parfois, faire des choix. Pour la soierie de la petite chambre située au-dessus de la pièce du billard, deux textes proposaient des version  différentes : un document, établi à la livraison du tissu, évoquait un « cannelé de soie vert d’eau » tandis que l’inventaire citait un « cannetillé ». J’ai donné la préférence au premier texte, convaincu que ceux qui avaient fourni la soie devaient être beaucoup plus fiables que toute autre personne. Un inventaire ultérieur a confirmé qu’il s’agissait d’un cannelé, appelé alors un reps. Il faut d’ailleurs préciser que le remeublement de la Maison de la Reine a porté autant sur le mobilier que sur les tissus, les galons, les quinquets [1], mais aussi toutes sortes de détails comme les tringles à rideaux et leurs embrasses ou les accessoires de cheminée, pinces et pelles à feu. À force de travailler dessus, depuis 2013, j’imagine exactement aujourd’hui à quoi pouvaient ressembler ces pièces, et comment elles apparaîtront bientôt, en fonction de leurs proportions et de leurs harmonies colorées, grâce aussi à la lumière qui viendra les inonder depuis les nombreuses fenêtres. Seront sublimés les tons clairs, blancs et bouton d’or, des deux magnifiques salons. Les tentures, peintes sur soie, du grand salon avaient été refaites en 1957 d’après les modèles livrés par Vauchelet, mais jamais posées. Le public va donc pouvoir les admirer dans les lieux mêmes auxquels elles étaient destinées. Les tentures du petit salon blanc ont été retissées à partir des soies d’origine, très abîmées, et ce sera un enchantement de pénétrer dans cette pièce extrêmement raffinée.

L’entretien avec Jacques Moulin sur la restauration de la Maison de la Reine L’article sur le travail des ateliers de restauration du Château L’exposition de Claire Adelfang, photographe La restauration de la Maison de la Reine sur le site Internet du Château.

Fauteuil du salon blanc © Château de Versailles-Christophe Fouin.

Comment ce remeublement s’inscrit-il dans ce qui est appelé désormais le Domaine de Trianon ? Jérémie Benoît : La Maison de la Reine va s’imposer comme un véritable petit musée. Après la restauration du Petit Trianon en 2008, puis le remeublement du Grand Trianon qui se poursuit [2], cette opération contribue à faire mûrir l’idée d’un domaine propre, tel qu’il existait à l’époque de Napoléon, c’est-à-dire autonome. En effet, Napoléon, en 1810 justement, a séparé administrativement les sites de Trianon et de Versailles qui se sont organisés chacun de leur côté, avec une intendance et un budget spécifiques, durant presque cent ans. Ce domaine clos, par sa configuration, pourrait apparaître un jour comme un ensemble de châteaux de campagne où se promener, durant la belle saison, comme le faisait Marie-Antoinette, sans aucune obligation vis-à-vis du grand Château.

[1]  Lampe à huile à réservoir. [2]  L’aile de Trianon-sous- Bois ayant été restituée selon les aménagements du général de Gaulle en 2016.

Un monument, c’est un lieu, mais aussi des événements qui l’ont modifié au cours du temps. Sa restauration peut rarement s’appuyer sur un état unique de référence. En témoigne l’architecte en chef des monuments historiques au sujet de la Maison de la Reine.

Accotoirs en cuivre des fauteuils du salon blanc © Château de Versailles – Christophe Fouin

Le monument a-t-il connu d’importantes restaurations avant celle-ci ? Jacques Moulin : Oui, celle entreprise par Patrice Bonnet en 1932, grâce à la donation Rockefeller, qui sera poursuivie à l’intérieur des bâtiments par Marc Saltet, entre 1955 et 1960. L’architecte en chef du Domaine prend un parti assez original pour l’époque. Il restaure la Maison de la Reine selon ses dispositions du Premier Empire, qui étaient encore globalement en place, mais en restituant l’escalier hélicoïdal initial. Dans le même sens, il redonne aux abords leur aspect du temps de Marie-Antoinette, en recréant les jardins potagers de chaque maison, compartimentés en carrés de culture ou en vergers. Quant aux arbres récents, il les fait abattre, au grand dam du Figaro qui crie au scandale. L’on voit bien ici combien la restauration d’un monument est un acte en soi, rarement le retour exact à un état ancien donné. Imaginez que l’on supprime aujourd’hui l’escalier hélicoïdal pour revenir à l’exactitude du domaine sous l’Empire, on déclencherait un tollé au sujet d’un ouvrage qui, en réalité, a été rétabli par la suite. Mais cela fait maintenant plus de quatre-vingts ans qu’il a réapparu et son histoire rejoint désormais celle de la Reine. S’impose ainsi une vision diachronique, prenant en compte le passage du temps et les états successifs qui en découlent. Dans les choix d’une restauration, l’opinion publique est, bien sûr, légitime, mais l’on se doit d’intégrer toute cette épaisseur historique qui est constitutive du monument, avec un objectif clair : le présenter avec le maximum d’éléments à faire découvrir et admirer.

PLUS D’INFORMATIONS SUR L’EXPOSITION VISITEURS DE VERSAILLES. 1682-1789

À l’intérieur, tout sera donc à redécouvrir ? Jérémie Benoît : Tout sera à découvrir, puisque personne n’aura jamais vu la Maison de la Reine meublée, celle-ci ayant été rapidement vidée, dès la fin du XIXe siècle. Cet aménagement offrira de belles surprises sur un luxe, qualifié de « rustique » dans les textes anciens, où l’acajou, le bronze, l’amarante rivaliseront avec le velours de soie et le maroquin. Le Hameau apparaîtra comme un palais d’été tout à fait original, éclaté dans la verdure en plusieurs édifices, selon l’esprit fantasque de Versailles : une révélation totale qui en accentuera le caractère théâtral, autour de ce lac formant une scène derrière laquelle les maisons apparaissent comme autant de coulisses.

Toitures aux chaumes irréguliers et faîtages en terre, plantés d’iris et de joubarbes ; murs en moellons et pans de bois, décorés « en vétusté », avec un appareillage de fausses pierres, souligné d’effets d’ombre et de lumière, ou de fausses briques, comme si l’enduit qui les recouvrait avait disparu ; peintures en « bois pourri » ; plantes grimpantes et massifs arbustifs plantés en pied de façade : la Maison de la Reine illustre la mode des habitations rustiques dans les jardins précieux dont le premier exemple date de 1775, à Chantilly. © Château de Versailles-Didier Saulnier

Le nécessaire est cité dans l’inventaire qui fut dressé à Versailles peu après la mort de Marie Leszczynska et qui mentionne « l’autre caisse couverte de même basane rouge à compartiments en taffetas bleu, garnie de très belle porcelaine de Saxe… » (2). On constate, dans ce document, que la Reine possédait de très nombreuses pièces de porcelaine de Meissen et qu’elle semble avoir eu un goût sincère pour cette production. L’inventaire décrit, en effet, plusieurs paires de flambeaux, notamment dans le boudoir, une vingtaine de figures et de groupes sculptés, une quinzaine de vases d’ornement et de pots-pourris et, dans le cabinet, « une garniture de cheminée composée de 5 vases de porcelaine de Saxe à fleurs, façonnés en mosaïque à fleurs bleues… ».

Guéridon en amarante du salon blanc © Château de Versailles-Christophe Fouin.

Huit pièces provenant d’un service à thé et à chocolat exceptionnel, offert par le roi de Pologne et visible actuellement dans l’exposition « Visiteurs de Versailles. 1682-1789 », illustrent le goût de Marie Leszczynska pour la porcelaine de Meissen, alors à son apogée.

La Maison de la Reine était vide depuis la fin du XIXe siècle. La voici de nouveau meublée et habillée de tentures et d’étoffes comme au temps de l’impératrice Marie-Louise. Le conservateur général nous fait partager son projet, vision éblouie de jaune d’or et de blanc.

Le 13 avril 2017, le château de Versailles a pu acquérir (1) huit pièces d’un nécessaire à thé et à chocolat produit par la manufacture de porcelaine de Meissen. Le roi de Pologne et électeur de Saxe, Auguste III, l’avait offert à Marie Leszczynska en mars 1737. Il s’agissait, sans doute, d’apaiser les tensions demeurées encore très vives entre son pays et la France à l’issue de la guerre de Succession de Pologne qui avait écarté du trône le propre père de la Reine.

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